Posted by: konradbaumgarten | July 5, 2011

Protection personelle réservée à ceux qui peuvent se le permettre

Ci-dessous un article intéressant paru dans 24heures qui illustre bien comment le soi-disant “droit” de porter une arme est vidé de son sens en Suisse et perverti en faveur d’une minorité privilégiée qui a les moyens de se payer des gardes du corps armés (notamment les politiciens…!). Les citoyens honnêtes sont donc désarmés ex lege. Merci à A.B. pour le lien et surtout merci à Yannick pour son combat pour un droit libéral sur les armes.

Image by Oleg Volk

Même braqués, les bijoutiers sont interdits de port d’armes
Après l’attaque de sa bijouterie, un Veveysan croyait obtenir un permis de porter une arme. Un droit désormais inaccessible aux particuliers dans le canton.

«Je suis scandalisé. Tout ce que je demande, c’est d’avoir une chance de me défendre si je suis attaqué et menacé d’une arme ainsi que cela nous est déjà arrivé. C’est le monde à l’envers. Cela revient à protéger les criminels!»

Yannick Meylan, de la bijouterie-joaillerie Lionel Meylan à Vevey, ne comprend pas pourquoi on lui refuse un permis de port d’armes à feu puisque cela est exigé de la part de toute personne portant une arme dans un lieu public.

«Je remplis pourtant toutes les conditions légales. Et en plus, je bénéficie auprès de Neurone Défense Système d’une instruction à la sécurité personnelle et aux armes à feu, où l’on n’apprend pas seulement à tirer, mais aussi à ne pas tirer.»

Le Tribunal cantonal vient de confirmer au bijoutier de la Riviera un refus de la police cantonale essentiellement fondé sur l’absence d’un danger tangible. En clair: il ne satisfait pas à la «clause du besoin».

Aux yeux de Me Jean-Luc Addor, avocat de Yannick Meylan, cette pratique est arbitraire: «C’est contraire à la loi fédérale qui institue un droit à la délivrance d’un permis de port d’armes à toute personne qui établit de façon plausible qu’elle a besoin d’une arme pour se protéger, elle-même ou des choses, voire des tiers, contre un danger tangible.»

S’il veut bénéficier de la protection que peut apporter une arme à feu, le bijoutier de la Riviera n’a d’autre possibilité que d’avoir recours à un garde armé dûment agréé, service qui pourra lui coûter de 10 000 à 15 000 francs par mois. Me Addor estime que ce ne serait pas au particulier d’assumer de tels frais:

«L’Etat ne saurait l’imposer alors que, fondamentalement, c’est tout de même à lui qu’il incombe d’assurer la sécurité des personnes et des biens.»

Le casse de 2008

Pour la bijouterie Meylan, le «danger tangible» s’est concrétisé le 22 décembre 2008. Aux environs de 18 heures, trois hommes en grosse veste et bonnet enfoncé jusqu’aux yeux, l’un armé d’un automatique, font irruption dans le magasin où se trouvent le fils du propriétaire, celui-ci et deux vendeuses.

Après avoir menacé un client qui entre à ce moment, ils raflent les montres de grandes marques puis prennent la fuite à bord d’une voiture volée. Ils courraient toujours.

Depuis, entre autres dispositifs de sécurité, la bijouterie a renforcé sa sécurité. En plus d’une surveillance vidéo, il faut désormais sonner pour se faire ouvrir la porte. Après cette affaire, la police a conseillé au bijoutier de se munir d’un spray au poivre en matière d’arme. Il n’en veut pas. Il demande un moyen de défense adapté aux circonstances.

Yannick Meylan dépeint un tableau peu encourageant à travers lequel nombre de ses collègues se reconnaîtront. «Comme nous retirons nos produits des vitrines durant la nuit, c’est le jour que nous sommes les plus exposés. Et plus nous haussons le niveau des moyens de protections, plus nous élevons le niveau de violence du criminel.»

Et de redouter, comme d’autres, que dans de telles conditions, les malfrats en viennent à s’en prendre aux employés ou à leur famille.

«Nous pouvons bien sûr appeler la police, mais la pratique du «lever de doute» en cas d’alarme, autrement dit la preuve de la véracité d’une menace, ne favorise pas la rapidité d’une intervention.»

Par ailleurs, lorsque le bijoutier doit effectuer un déplacement avec des valeurs pour aller à la rencontre de sa clientèle, ce qu’il est souvent amené à faire, aucune société de sécurité n’est capable de lui fournir une protection dans les dix minutes.

«Qu’on lui donne une chance de se défendre! Psychologiquement c’est très important. L’Etat peut-il refuser à un citoyen honorable exposé à des risques concrets le droit de disposer lui-même de moyens capables de lui assurer sa sécurité?» interroge son avocat.

Davantage de risques?

Pour appuyer le refus de la police vaudoise, le Tribunal cantonal considère que «dans les pays où l’autodéfense est admise par les mœurs et par la justice, notamment aux Etats-Unis, l’usage des armes par les victimes d’agression contre le patrimoine conduit irrémédiablement à une escalade de la violence».

Il ajoute que «le risque pour la victime de l’agression d’être blessée ou même tuée par son agresseur augmente ainsi considérablement».

Yannick Meylan réplique: «Avec la formation dont je dispose dans ce domaine, j’estime que je suis autant préparé à une situation de crise qu’un agent de sécurité qui tire les quelques cartouches légalement exigées par an.»


Responses

  1. […] en passant sur cet élément dans l’argumentation du tribunal cantonal vaudois dans le cas mentionnée ci-dessous à propos du droit de porter une arme à des fins de défense personnelle: Pour appuyer le refus de […]

  2. […] ho delimita tot una mica, però és el tercer article i ho diu ben clar. Per contra, en aquest blog es comenta el cas d’un joier suís al qual ja han robat en com a mínim una altra ocasió, ha […]

  3. […] la première attaque, le propriétaire s’était vu refuser un permis de port d’arme sous le prétexte que “la Riviera vaudoise, c’est pas le Far […]


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